Wikileaks, stop ou encore ? Si l'on en juge par les « unes » de la presse mondiale ces derniers mois, qui se nourrissent abondamment des fuites Wikileaks pour informer leurs lecteurs, la réponse est un encore enthousiaste. Si l'on en juge par la réaction des services diplomatiques, Wikileaks doit immédiatement cesser ses activités criminelles.Toutefois, la question est rhétorique car tout le monde « sent » ce qui s'imposera comme un évidence : Wikileaks n'est que le symptôme d'une nouvelle révolution de l'information, sa démocratisation. Chacun parle au monde, non au sens figuré, mais littéralement.
Vous possédez une information, ou un tombereau d'informations, vous pouvez désormais, en une fraction de seconde, la partager avec l'ensemble du genre humain. Les Etats, comme les individus légitimement inquiets de leur privée, bâtiront de nouveaux remparts électroniques, dont certains se révèleront efficaces. Mais chaque jour de nouveaux « secrets » d'Etat, de multinationales, de puissantes ONG, seront versés dans l'océan mondialisé de l'information. La révolution dont Wikileaks est le symptôme, c'est la mutation de chaque individu en un media de masse.

L'auteur. Docteur en philosophie et dirigeant d'entreprise, Drieu Godefridi, 38 ans, est l'auteur de nombreuses publications, dont récemment Le GIEC est mort, vive la science ! (2010), Le droit public (2009) et « Arbitraire et droit dans l'Athènes antique » (Folia Electronica Classica, 2010). Il est un intervenant régulier dans la presse internationale.
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L'auteur montre que l'information a connu, après l'invention de l'imprimerie par Gutenberg, deux révolutions : sa massification, avec la généralisation aux XIXe et XXe siècles des medias de masse (journaux, radio, télévision), aujourd'hui la décentralisation de son émission (Internet). Il envisage Wikileaks comme le symptôme de cette nouvelle révolution de l'information, qui institue chaque individu en un media de masse, et examine les conséquences de cette révolution pour les Etats, les entreprises et les individus (ce qu'il appelle l' "octétisation" de l'humain, c'est-à-dire l'effeuillage de sa vie privée).